Campagne de sensibilisation sur les libertés numériques à Cotonou

En raison de l’absence d’autorisation de manifestation de la mairie de Cotonou, la caravane initialement prévue n’a pas pu être organisée. Néanmoins, une campagne de sensibilisation a été réalisée dans la ville, reprenant l’essentiel des activités menées à Pobè, afin de maintenir l’engagement des jeunes et assurer la visibilité du projet. Cette initiative a permis de toucher un public ciblé et d’informer les jeunes sur les bonnes pratiques numériques dans un cadre sécurisé et participatif.
Les objectifs de cette initiative étaient multiples :
- Sensibiliser les jeunes à la protection des données personnelles, en expliquant les risques liés à la divulgation de leurs informations sur Internet et en leur présentant des méthodes efficaces pour sécuriser leurs données.
- Lutter contre les violences numériques, notamment le cyberharcèlement, les comportements abusifs et les contenus inappropriés en ligne.
- Prévenir la désinformation, en apprenant aux participants à identifier les fausses informations et à diffuser des contenus fiables et vérifiés.
- Promouvoir la responsabilité juridique en ligne, en rappelant que chaque action sur Internet peut avoir des conséquences légales et que la connaissance de la loi est un outil de protection pour chacun.
- Présenter les articles 550 à 556 du Code du numérique, à travers un document remis à chaque participant contenant le texte intégral de ces articles, accompagné d’explications détaillées pour en faciliter la compréhension et l’application. Des brochures complémentaires ont également été distribuées pour présenter clairement le projet, ses objectifs, ses résultats attendus, ainsi que les bonnes pratiques à adopter après la sensibilisation. Cette approche vise à fournir aux participants à la fois une référence légale complète et un guide pratique leur permettant de mieux appréhender les enjeux du numérique et de renforcer leur responsabilité en ligne.
La séance s’est déroulée sous forme d’exposés interactifs et d’échanges avec les participants, favorisant la compréhension des concepts et l’appropriation des bonnes pratiques. Une session de questions-réponses a permis aux jeunes de partager leurs expériences et préoccupations sur la cybersécurité, les cyberviolences, la désinformation et la protection des données personnelles. Les échanges ont été riches, dynamiques et instructifs, et ont permis de créer un climat de confiance et de dialogue constructif.
La séance s’est clôturée dans une atmosphère conviviale, avec l’encouragement des participants à adopter un usage responsable et citoyen d’Internet et des réseaux sociaux, en faisant preuve de vigilance et de discernement dans leurs interactions en ligne.
Témoignages et réactions des participants
Pour Marie-Aude Tchiapkè, cette séance a été une véritable révélation : elle lui a permis de mieux comprendre les recours et mécanismes disponibles en cas de harcèlement numérique. Elle déclare : « Je sais désormais comment me protéger et informer mes pairs sur la loi du numérique. Cette sensibilisation m’a donné des outils concrets pour identifier les situations à risque et agir en conséquence. Je m’engage à dénoncer tout acte de harcèlement en ligne et à soutenir mes amis et camarades dans leurs démarches de protection. » Marie-Aude a insisté sur l’importance de partager ces connaissances dans son entourage afin que davantage de jeunes puissent naviguer en ligne en toute sécurité.
Pour sa part, Parfait Tozo a rappelé que de nombreux jeunes restent encore ignorants des lois qui régissent l’usage d’Internet et de leurs implications. Selon lui, cette lacune expose les jeunes à des risques inutiles et à des sanctions qu’ils pourraient éviter. Il a ajouté que ce type d’initiatives éducatives est crucial pour combler ce déficit d’information, renforcer la vigilance des jeunes et leur donner la capacité de prendre des décisions éclairées lorsqu’ils utilisent les réseaux sociaux ou d’autres plateformes numériques.
Quant à Jean-Luc Adjovi, il estime que ce type de sensibilisation constitue un pilier essentiel pour la protection de la vie privée et pour le développement d’une culture numérique responsable. Il a souligné : « Normalement ce sont les législateurs qui devraient mener ce travail, mais la réalité montre que ce n’est pas toujours le cas. Je félicite l’ONG et ses partenaires techniques et financiers pour cette initiative noble et courageuse, qui permet de sortir la jeunesse de l’ignorance, de la sensibiliser aux risques et de l’orienter vers un Internet plus sûr et plus responsable. Ce projet contribue à sensibiliser des citoyens numériques conscients, capables de défendre leurs droits et de respecter ceux des autres. »
